Victorien Sardou (1831 - 1908)
Voici à présent quelques unes de ses œuvres les plus connues :
(par ordre chronologique)
1862 : La perle noire
1867 : La maison neuve
1869 : Patrie
1872 : Rabagas
1874 : La Haine
1880 : Daniel Rochat
1880 : Divorçons
1882 : Fédora
1887 : La Tosca
1891 : Thermidor
1893 : Mme Sans-Gêne
1895 : La Maison Robespierre
Le Cannet vu par VICTORIEN SARDOU
En 1883, il en donna une description :
C’est en 1839 que je suis venu pour la première fois dans ce pays ; ma famille paternelle habitait le Cannet. En ce temps là, il n’y avait pas moins de sept longs jours de route de Paris à Cannes. Diligence jusqu’à Châlon, où l’on prenait le bateau sur la Saône, pour le quitter à Lyon ; puis le bateau sur le Rhône jusqu’à Avignon ; puis diligence par Aix, Brignoles, le Luc... puis traversée de l’Esterel, qu’on franchissait la nuit, non sans appréhension d’y être attaqué. Enfin, au petit jour, la mer bleue apparaissait entre deux rochers et tout l’ennui du voyage était oublié
.
On retrouve une autre description qu’il fit du Cannet :
Ce délicieux Cannet, si bien abrité, si tiède et qui, enfoui dans son nid de citronniers et d’orangers, avec ses maisons en terrasses, ses ruelles tortues et son air dépeuplé, avait tout l’aspect d’un village sarde ou corse. Il n’était abordable dans mon enfance que par l’ancienne route, depuis oubliée. Elle longeait un vallon qui existe encore, jusqu’à Sainte-Catherine, laissant à droite, d’abord la vieille chapelle ruinée que j’ai toujours connue telle, avec son grand figuier desséché que j’ai connu verdoyant ; puis les aqueducs de l’oncle Jean que j’estimais dignes des Romains. A l’église, la route changeait de nom pour devenir la Calade, rue étroite, grande artère du pays, où une charrette ne s’engageait pas sans imprudence. La maison de mon grand-père était et est encore à la Calade; c’est là que je venais coucher, le samedi soir, pour passer mon dimanche au Cannet
.
Tout récemment encore, le Cannet était resté tel que je l’avais connu il y a quarante ans. De nouvelles routes l’avaient rendu plus abordable ; mais l’intérieur du pays n’a pas changé. avec quel plaisir j’y retrouvais, comme si je les avais quittés la veille, les vieux oliviers auxquels j’avais grimpé, les murs écroulés que j’avais un peu démolis, et jusqu’au barrage que j’avais établi dans un ruisseau pour mon petit moulin...
Le Cannet n’avait pas que ses orangers, si maltraités par le dernier hiver, et la cassie, qui ne fleurissait que là. Il avait ses monuments. Il les a encore. Deux tours : la Tour des Danis "du brigand" dit Mérimée et la Tour de la Placette (son grand oncle s’y illustra en 1706, sonnant le tocsin et sauvant ainsi le village du pillage). J’ai dit deux monuments, il y en a un troisième : comment pourrais-je oublier la maison de mon cousin Jean-Jacques.
.
Cette villa Sardou était perdue jadis dans les orangers, d’un accès difficile, bordée d’un cours d’eau dont le voisinage n’était pas toujours agréable
Concluons sur un mot de Sardou sur l’évolution du Cannet :
"Travaux gigantesques, qui ont modernisé à ce point le village de mon enfance, que mes souvenirs semblent déjà d’un autre siècle ! Je m’arrête... à chaque phrase que j’écris, je me sens vieillir et il me pousse des cheveux blancs".













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