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La naissance de la Commune

Naissance de la Commune
Un anniversaire fêté tous les ans (début août), par l’Association du Vieux-Cannet, avec le concours de la commune, rappelle qu’à l’origine, l’histoire du Cannet commence avec les moines de Lérins, et qu’un arrêt du roi du 9 Août 1774, érige Le Cannet « en corps de communauté distinct de celui de Cannes ».

Un peu d'histoire

… À l’origine, l’histoire du Cannet commence avec les moines de Lérins

Entre 400 et 410, le moine Saint-Honorat accompagné de Saint-Caprais et de quelques autres compagnons, s’installent sur l’île en quête de solitude. Rejoint par une foule de disciples, Saint-Honorat fonde une communauté (où les moines mènent « la vie commune ») qui devient dès 427 un immense monastère. Les moines de Lérins héritent de Guillaume Gruetta, fils cadet du comte d’Antibes, Rodoard, du port de Cannes.

La plus ancienne mention de notre Cannet figure dans un acte du 19 janvier 1281 par lequel, le sacriste-major de Lérins a donné à Olivier Isnard de Mougins, une terre sise sur le lieu du Cannet. Le 5 Février 1441, Dom André de Plaisance, alors infirmier de Lérins, donna en emphythéose à Sylvestre Calvy, dit « Poireau », plusieurs terres appelées de l'Infirmerie. L'infirmier de Lérins avait en particulier comme attributions la direction, à Cannes, d'un hospice "Hôpital des pauvres". Cette institution bénéficia de nombreux dons souvent constitués de terres, parmis lesquelles celles dîtes de l'Olivette, futur site du Cannet.

Cette transaction peut être considérée comme l’acte de pose de la première pierre du futur habitat à l'origine de la naissance du Cannet. En effet, Sylvestre Calvy s’est comporté dans cette affaire comme une sorte de « lotisseur », avec pour mission d’attirer ses compatriotes de la Rivière de Gênes en leur rétrocédant des lots provenant des nombreuses terres qui lui avaient été données. Simples fermes à l’origine, les centres de vies familiaux s’agrandiront rapidement, par adjonction de nouvelles constructions massées autour du noyau primitif.

Devenus de véritables communautés familiales, les hameaux cannettans (ou "forests", du latin "foris" = dehors, hors de) ont naturellement pris le nom de leurs fondateurs et cela dès le XVIème siècle. Le cadastre de 1599 fait ainsi apparaître différentes appellations : les Ardissons, les Calvys, les Cavasses, les Danys, les Gallous, les Gazans, les Gourrins, les Perrissols, les Pissarels, les Sardous...

Au XVIème siècle, Cannes et Le Cannet forment une seule et même commune.

Au milieu du XVIème siècle, au moment où l’édification de l’église Sainte-Catherine cimente un esprit de clocher « cannettan », les rapports entre « la ville »(Cannes), et les « hameaux » (Le Cannet) deviennent de plus en plus orageux. Les difficultés de coexistence entre les deux secteurs sont multiples (mentalités, modes de vie, intérêts matériels et moraux diffèrent totalement). Malgré la sentence prononcée le 21 décembre 1587 par l’Abbé de Lérins qui accorde aux Cannettans une certaine autonomie administrative, avec la création d’un consul et d’un « regardateur », la situation conflictuelle ne cessera de croître et augmentera pendant encore près de deux siècles, car l’autonomie administrative ne sera jamais complètement appliquée.

Un « Mémoire pour les habitants du Cannet contre la communauté de Cannes » est rédigé. Les raisons développées en faveur de l’indépendance cannettane s’appuient notamment sur la distinction entre les habitants du bord de mer (Cannes), qui sont des pêcheurs et des commerçants, et ceux des terres intérieures (le Cannet) qui sont des agriculteurs.

Un Arrêt du Roi du 9 Août 1774, érige Le Cannet « en corps de communauté distinct de celui de Cannes » qui marque ainsi la séparation des terres du Cannet et celles de Cannes, constituant ainsi deux entités administratives distinctes. L'arrêt royal fut ensuite entegistré par le parlement de Provence en l'an de grâce 1777, le 29 janvier.